Cet endroit est calme. La couleur prédominante de sa couverture est le vert. Le seul bruit qu'on y entend est le chant des oiseaux et parfois, l'après-midi surtout, le cri des enfants, courant autour de l'air de jeux, ou le claquement des boules de pétanques des retraités. Mais, ces sons sont si doux par rapport à ceux produits par les véhicules en ville, durant les heures de grande circulation. Ils sont apaisants, nous rendant nostalgiques, du bon vieux temps de notre enfance, ou envieux de finir notre vie active, une bonne situation sociale en poche. La journée, on peut aussi y apercevoir des jeunes couples, allongés sur leurs serviettes, s'enlacer, puis s'embrasser. Leurs sourires affichés sur leurs visages nous rappellent nos amours perdus, métamorphosant notre mélancolie en nostalgie. Un si beau paysage que notre jeune homme aime regarder sans cesse, assis seul, sur un banc, au milieu du parc, comme dans l'attente de quelque chose. Parfois, un doux vent caresse nos joues, faisant valser les arbres présents. Au milieu de ce jardin d'Eden se trouve un escalier précédé d'un portillon. En le descendant, on y trouve un banc isolé sur un petit bout de terre. En face, un fleuve ruisselle tranquillement, à faible courant. De l'autre côté de la rive, on peut y apercevoir divers feuillages, et encore plus loin, on peut y entrevoir des maisons. C'est la partie la plus calme de l'espace vert.
Notre adolescent aime s'y rendre deux à trois fois par semaine, de préférence la nuit, car c'est le calme absolu. Il ne se lasse pas de contempler ce fleuve si calme. Quand on y prête bien attention, on entend même des petits bruits produits par le peu de petits poissons naviguant dans ces eaux. Alors, il ferme les yeux et se laisse emporté par la magie de cet environnement. Il respire lentement, sentant la bise rafraîchir ses joues, entendant le frétillements des arbustes, écoutant le chant des oiseaux, laissant les mouches se poser sur sa peau. Le calme absolu. Il y retrouve sa sérénité, y évacuant tout son stress de la journée. Quel soulagement ! Et puis, toujours le même geste. Il cueille une fleur dans le jardin. Il la contemple mystérieusement. Avant de la poser délicatement sur le lit du fleuve pour la regarder attentivement partir loin. Ensuite, il remonte les escaliers la tête baissée avant de rentrer chez lui dormir.
En fait, cette fleur, c'est pour sa mère, morte dans un accident de voiture, il y a huit ans, alors qu'elle sortait du travail et qu'elle se pressait pour voir le match de foot de son fils. Il sait que le stress de la ville a tué sa mère, alors dorénavant il préfère le calme de la nature pour danser en harmonie avec son environnement.
